La beauté
Dans ce monde de brutes, de dingues, d’ahuris, d’insensés, Si l’on veut survivre, il faut s’accrocher à la Beauté.
Et chaque jour, chaque jour, sans relâche, s’entraîner.
S’entraîner à la dénicher au creux d’un arbre, quand une mésange sort la tête du nid et lance deux ou trois notes matinales, à la saisir au vol quand un martinet s’élève haut dans l’azur, plonge et virevolte à toute vitesse dans le ciel printanier, s’entraîner à la surprendre dans un regard, dans un sourire inattendu, dans une phrase échangée avec un ami, à la cueillir doucement sur le visage buriné d’une vieille femme dans la lumière de fin d’après-midi. Chaque jour, chaque jour, sans relâche, s’entraîner à la Beauté.
S’entraîner à la faire apparaître entre nos mains, en sculptant une pièce d’argile, en peignant une aquarelle, en cuisinant un bon repas, à la nourrir de souffle conscient, de poésie, d’art, d’élégance et de tendresse, s’entraîner à la cultiver dans notre regard qui apprend de mieux en mieux à s’émerveiller.
Et ainsi chaque soir, étalant sur le petit mouchoir déplié de la mémoire toutes les trouvailles du jour comme autant de trésors fragiles, pouvoir se dire et se chanter :
« Que c’est beau, c’est beau la Vie ! »
Michèle LP
La beauté.
La beauté est partout
Elle est là
Pour qui sait la voir
Pour qui sait la cueillir
La fêter, la chérir, l'aimer
Elle s'offre, sans compter
Elle saute aux yeux
Et frappe le cœur
Elle est ce brin d'herbe
Que l'escargot festonne
Elle est l'arbre
Que caresse la pluie
Elle est ce ciel immense
Où le soleil fuit
Elle niche dans les nuages
Qu'elle façonne au gré du vent
La beauté est partout
Elle fond sur le lézard
Imprime son dos mordoré
Avant que le mur l'avale
A n'en faire qu'une bouchée
Et le jardin palpite, s'émeut
De tout ce qui vit
La beauté est partout
Ici et là, là où je veux
Mais chose fugace
Fête des sens éphémère
Comme l'étoile filante
A peine surgie
Dans son élan
La voilà qui déjà
S'enfuit.…
Danièle R.